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Nov 14

Marchons le 1er décembre !

Sur fond de chômage et de stagnation économique, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault poursuit une politique d’austérité catastrophique pour le pays. Pire, parce qu’identifié comme le gouvernement de la « gauche », il sème la confusion et désoriente toujours plus nos concitoyens. Cette fin d’année, marquée par le vote d’une réforme des retraites qui légitime et aggrave celle de Nicolas Sarkozy et par un budget d’austérité record, est en train d’achever ce qui reste de légitimité populaire à Jean-Marc Ayrault et François Hollande. C’est dans ce contexte qu’est survenue la « révolte » des Bonnets rouges. Constatons qu’il s’agit du premier mouvement de masse auquel le gouvernement cède. Alors que François Hollande est resté droit dans ses bottes pour refuser aux syndicats la moindre inflexion sur l’accord national interprofessionnel, la réforme des retraites ou la loi d’amnistie sociale, alors qu’aux côtés de son ministre de l’intérieur il a refusé au mouvement lycéen le moindre geste en faveur des élèves scolarisés expulsés du pays, fidèle en cela à une gestion autoritaire et à la politique du bouc émissaire, voilà qu’en quelques jours il laisse démanteler ses portiques et son écotaxe. Ce gouvernement de « gauche » a la particularité d’être compréhensif et faible avec les « pigeons », le Medef et, dans le cas des bonnets rouges, une alliance contestatrice dominée par la FNSEA , le Medef et la droite, voire le FN. A l’inverse, il se révèle dur et intransigeant avec ceux qui lui ont permis d’être là.

Le signal donné est terrible et pourrait donner des ailes à ce type de mobilisations dans lesquelles les justes revendications des salariés pour l’emploi sont dévoyées et manipulées au service des intérêts de l’agro-business, du patronat et de visions identitaires, réactionnaires voire antirépublicaines. Il n’est d’ailleurs pas un hasard que l’extrême droite se « déguise » depuis en « bonnets rouge » que ce soit sur les Champs-Elysées pour les cérémonies du 11 novembre ou ailleurs. Le FN et ses succursales ont très bien compris le terreau que représente ce mouvement de contestation qui nie les intérêts divergents des classes au profit d’une vision corporatiste de la société. Le fascisme a pratiqué ainsi dans les années 30.

C’est pourquoi il était essentiel que les syndicats appellent à la manifestation de Carhaix le jour même de celle de Quimper sur des bases claires de refus de l’austérité et pour l’emploi. C’est pourquoi, également, nous soutiendrons leur mobilisation du 23 novembre à Rennes. Mais il fallait aller plus loin et ne pas laisser l’extrême droite et la droite dévoyer toujours plus la colère populaire. Il revenait au Front de Gauche de proposer une initiative forte pour dire son opposition à la politique d’austérité du gouvernement, à commencer par les mesures les plus injustes de son budget. Au nom de la défense de l’impôt républicain, nous ne pouvons en effet que refuser le dispositif fiscal sur lequel est basé le budget 2014. Il est impossible d’imposer à la fois plus d’impôts injustes et d’abaisser les moyens pour les services publics et la protection sociale. Tout cela au nom d’une règle d’or imposée par Bruxelles aussi injuste que stupide et qui entraine les peuples de l’Union Européenne à la récession. Mais aussi de cadeaux au patronat puisque l’augmentation de la TVA sert à payer une partie des 20 MDS de cadeaux aux entreprises sans contrepartie décidée dans le cadre du pacte de compétitivité.

Voilà comment est née l’idée de la marche du 1er décembre à Paris. Elle aura pour objectif le « portique » de Bercy , que nous avons baptisé « du Medef » tant la politique du gouvernement et de son bras armé en la matière qu’est le Ministère des finances sert davantage les intérêts de l’organisation patronale et de la finance que du peuple. L’initiative proposée jeudi 7 novembre par Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting de soutien à Francis Parny, candidat du Front de Gauche à la mairie de Garges-Lès-Gonesse et responsable communiste, est devenue depuis mardi matin (cf. sa déclaration) un appel du Front de Gauche tout entier. La marche qui partira vers 13h30 aura pour mot d’ordre « pour la révolution fiscale, pour la taxation du capital, pour l’annulation de la hausse de la TVA » . Nous voulons l’ouvrir à toutes celles et tous ceux qui refusent la politique d’austérité du gouvernement à commencer par ce budget 2014. Nous la voulons dans l’esprit de la marche du 5 mai, annonciatrice de la majorité alternative à laquelle nous aspirons. D’ailleurs elle servira également à interpeller les parlementaires qui seront alors en plein débat sur le budget pour leur dire : ne votez pas cette aggravation de l’austérité.

La marche du 1er décembre devient donc notre objectif politique central en ce mois de novembre. Il faut la populariser, monter si possible des cadres unitaires de mobilisation allant plus loin que les seules forces du Front de Gauche en interpellant les forces politiques (EELV, NPA, socialistes critiques), syndicales et associatives avec lesquelles nous avons pris l’habitude de travailler ces derniers temps . Nous le ferons nationalement, il faut le faire dans les départements et les communes. Il est évident que cette marche s’inscrit pour le PG dans une démarche cohérente d’opposition à la politique du gouvernement qui nous amène à une prise de distance claire et à des listes autonomes des partis qui s’en reconnaissent aux élections municipales puis européennes. Dans la rue et dans les urnes, notre stratégie est la même, fidèle en cela au texte d’orientation du FDG. Marchons !

Eric Coquerel Secrétaire national du Parti de Gauche

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